Englebert, champion avec Ferrari

  • 66 GP disputés de 1950 à 1958

  • 1 titre de champion du monde (Hawthorn, Ferrari, 1958)

  • 12 victoires

  • 15 pole positions

  • 14 meilleurs tours en course

En 1868, à Liège, Oscar Englebert crée une boutique d’articles en caoutchouc, un matériau très novateur et en vogue. Le succès est tel qu’il ouvre, en 1877, sa propre usine produisant des toiles imperméables, des tabliers, des gants, des chaussures, des courroies, etc. Son fils, également prénommé Oscar, lui succède en 1892. Il élargit la gamme en créant des pneus de bicyclettes puis, à partir de 1898, des pneus de voitures. Il devient ainsi le premier fabricant de pneus du Benelux et l’un des premiers d’Europe.

Dès la première édition des 24 Heures du Mans, en 1923, les pneus Englebert tiennent un stand sur le circuit de la Sarthe et ils équipent la moitié des concurrents. Quinze des seize voitures ainsi chaussées de pneus belges sont à l’arrivée. La firme s’imposera à cinq reprises dans l’épreuve d’endurance, avec Alfa Romeo de 1932 à 1934, puis avec Ferrari en 1949 et 1958.

Les pneus Englebert apparaissent dans le Championnat du monde de F1 dès la toute première course, le Grand Prix de Grande-Bretagne 1950, sur la Talbot-Lago de Johnny Claes. Lors des épreuves suivantes, ils équipent aussi les Simca-Gordini de Robert Manzon et Maurice Trintignant.

En 1951, la Scuderia Ferrari teste avec succès les pneus belges sur trois épreuves estivales mais revient aux Pirelli en fin de saison. Cette courte expérience se solde néanmoins par les deux premières victoires d’Englebert en championnat, avec Jose-Froilan Gonzales à Silverstone puis Alberto Ascari au Nürburgring.

Ce dernier décroche son premier titre mondial en 1952, année où l’écurie italienne jongle encore entre Englebert et Pirelli, selon les courses. Il gagne deux nouveaux grands prix avec les pneus liégeois, en Belgique et en Allemagne.

En 1953 et 1954, seul Gordini poursuit sa collaboration avec le fabricant wallon, sans jamais atteindre le podium.

De 1955 à 1958, Englebert sera seul à chausser les Ferrari, gagnant ainsi avec Maurice Trintignant (Monaco 1955), Luigi Musso (Argentine 1956), Peter Collins (Belgique et France 1956, Grande-Bretagne 1958) et Juan Manuel Fangio (Grande-Bretagne et Allemagne 1956). Le manufacturier belge conclut en beauté avec le titre de champion du monde remporté par Mike Hawthorn, vainqueur du Grand Prix de France 1958.

Le palmarès sportif est hélas assombri par l’accident d’Alfonso de Portago aux Mille Miglia 1957. L’éclatement d’un pneu de sa Ferrari sera à l’origine du drame qui coûte la vie au pilote espagnol, à son copilote et à neuf spectateurs. La course fut interrompue et plus jamais organisée. La justice italienne accusa la Scuderia et Englebert d’homicide involontaire, avant de les innocenter en 1961. Trop tard, la firme belge s’était retirée du sport automobile à l’issue de la saison 1958.

En 1967, Englebert est racheté par Uniroyal.

Mike Hawthorn sur Ferrari au GP d'Argentine 1958.

Photographe inconnu, Public domain, via Wikimedia Commons

Ce chapitre est extrait du livre "Toute la Formule 1 belge".

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