Toute la Formule 1 belge

Couverture provisoire non contractuelle

PARUTION PRÉVUE : OCTOBRE 2022

Ce livre en cours de préparation dressera l'inventaire des 21 pilotes, 6 écuries, 1 manufacturier de pneus, 4 circuits et 87 grands prix qui ont bâti la grande histoire de la Formule 1 en Belgique.

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Extraits

1925 : Naissance d'un championnat

Photographe inconnu, Public domain, via Wikimedia Commons
Antonio Ascari vient de remporter le GP de Belgique 1925.

Le 28 juin 1925, douze voitures sont engagées dans l’épreuve belge, mais seulement sept s’alignent réellement au départ : quatre Delage pilotées par des Français et trois Alfa Romeo confiées à des Italiens. Les Sunbeam et les Guyot qui s’étaient inscrites ne sont pas prêtes. Les coureurs doivent effectuer 54 tours du circuit de Spa-Francorchamps, long de près de 15 km, soit un total d’un peu plus de 800 km. La somme de 100 000 francs récompensera le vainqueur, le second recevant 25 000 francs et le troisième 10 000 francs.

Le dimanche à 10 heures, le départ est donné. Pour la première fois en Europe, les pilotes sont seuls à bord, sans mécanicien pour les seconder.

Dès le début, l'équipe italienne prend la tête et lâche l’équipe française de plus de trois minutes. Antonio Ascari, sur Alfa Romeo, boucle le premier tour à plus de 121 km/h. Au deuxième tour, Albert Divo, sur Delage, passe troisième, alors qu’au départ il avait été pointé en cinquième position. Robert Benoist s’arrête longuement à Stavelot puis rentre au stand et abandonne, un réservoir d’essence crevé.

Au passage suivant, Delage a perdu une voiture, celle de René Thomas ayant subi un début d’incendie ; le pilote est sérieusement brûlé à la main gauche. À l’issue du quatrième tour, la débâcle française se poursuit quand Paul Torchy change ses bougies et perd de ce fait un tour. Les voitures bleues souffrent tandis que les rouges filent à une allure de record.

Au dixième tour, Torchy abandonne. Au vingtième, Ascari bat son propre record en 6 min 52 s, à plus de 130 km/h de moyenne. Il compte 2 min 15 s d’avance sur son équipier Giuseppe Campari et plus de 15 min sur la Delage de Divo, troisième.

C’est le moment où Campari s'arrête pour changer de pneus et se ravitailler en huile et essence, opérations qui lui coûtent 2 min 16 s. Ascari fait de même au tour suivant, mais en 2 min 45 s. Gastone Brilli-Peri, troisième pilote Alfa-Romeo, s’arrête à la fin du vingt-septième tour et abandonne, un des ressorts de suspension de sa voiture étant brisé. Après vingt-trois boucles, Divo doit remplacer son pneu arrière gauche crevé ; il change deux roues, se ravitaille et repart, ovationné par le public.

Dès la mi-course, il ne reste que trois voitures sur le circuit : Ascari devance toujours Campari et Divo. Ce dernier s’arrête à son trente-troisième passage et renonce, confronté à des problèmes de soupapes. À l’issue d’une course sans incident, Ascari couvre les 804 km en 5 h 43 min, suivi par Campari à trois tours. Leurs Alfa Romeo à moteur 2 litres turbocompressés sont les deux seules voitures à franchir la ligne d’arrivée.

Quatre semaines plus tard, sur l’autodrome de Montlhéry, Antonio Ascari, 33 ans, se tue lors d’une sortie de route, alors qu’il est largement en tête du Grand Prix de l’ACF. Son fils Alberto pilotera également et sera champion du monde en 1952 et 1953 sur Ferrari.

 

1983 : Boutsen débute en F1 à Spa

Pour la première fois depuis 1970, le Grand Prix de Belgique a lieu à Spa-Francorchamps. Le circuit a été raccourci de près de moitié et des modifications importantes ont été apportées afin de répondre aux exigences de sécurité de la Formule 1.

A l’occasion de son Grand Prix national, Thierry Boutsen débute en F1 comme pilote titulaire de l’équipe Arrows. Il remplace Chico Serra et, surtout, apporte à l’équipe l’argent de sponsors dont elle a grand besoin.

Alain Prost (McLaren), leader du Championnat du monde, s’assure la pole position en devançant seulement d’un centième de seconde Patrick Tambay (Ferrari). Avec Andrea de Cesaris (Alfa Romeo), troisième, ils sont les seuls à dépasser 200 km/h de moyenne lors des qualifications. Les moteurs turbocompressés sont rois à Spa ; Keke Rosberg (Williams), le meilleur des pilotes sans moteur turbo, n’obtient que la neuvième place sur la grille, à trois secondes de la pole position. Thierry Boutsen se qualifie en 18e position.

Disputée sous la pluie, la seconde séance d’essais met en évidence des problèmes d’accumulation d’eau sur la piste. Les conditions sont sévèrement critiquées par les pilotes, qui menacent même de ne pas participer à la course si les mêmes conditions réapparaissaient pour la course. Cheever (Renault) évite de justesse une Toleman à cause de la mauvaise visibilité et Niki Lauda (McLaren) souligne le danger des flaques d'eau sur la piste. Par bonheur, dimanche, les nuages ne lâchent pas une seule goutte.

Le départ est confus. Le starter décide d’interrompre la procédure en raison d’un peloton mal aligné, mais son signal est mal interprété par certains pilotes qui s’élancent immédiatement. À la fin du tour, tout le monde se replace sur la grille et le départ est donné normalement. Andrea de Cesaris prend la tête de la course devant Alain Prost, Patrick Tambay, Nelson Piquet (Brabham) et Manfred Winkelhock (ATS). Après quelques mètres seulement, Riccardo Patrese (Brabham) doit abandonner la course à la suite d’une panne de moteur. Dès le cinquième tour, Thierry Boutsen renonce également, victime de problèmes de suspension.

De Cesaris mène la course jusqu’au 18e tour. Puis la plupart des pilotes passent par les stands pour faire le plein. Un arrêt long de 25 secondes pénalise de Cesaris, qui perd la première place au profit de Prost, qui a stoppé dix secondes de moins. Deuxième à l’issue de tous les ravitaillements, le pilote Alfa Romeo quitte la course au 26e tour à cause d’une panne de moteur.

Prost remporte le grand prix en devançant Tambay, Cheever (Renault), Piquet, Rosberg et Laffite (Williams). Ce succès permet à Alain Prost de prendre la tête du championnat, au détriment de Nelson Piquet.