M. Pierre Loti, rue Pierre-Loti, Rochefort

Pierre Loti habitait... rue Pierre-Loti

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Si les hommages posthumes sont courants pour les grands hommes, il est plus rare qu’on les honore de leur vivant.

Pierre Loti fut de ces exceptions. Le 6 décembre 1918, le Conseil municipal de Rochefort décide à l’unanimité de rebaptiser un certain nombre de rues, notamment pour immortaliser le souvenir d’acteurs de la Première Guerre mondiale.

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La partie de la rue Chanzy située entre la rue Clément et les remparts prend le nom de rue Pierre-Loti. C’est précisément là qu’habite l’académicien. Selon « Les Annales politiques et littéraires », il semblerait plutôt que cette voie s’appelait rue Saint-Pierre. Qu’importe.

Emmanuel Giron, maire de Rochefort, vient en personne frapper à la porte de Pierre Loti pour lui annoncer la nouvelle, le 6 décembre, accompagné de Louis Barthou, ancien président du Conseil des ministres.

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Pour l’homme de lettres, il ne s’agit pourtant pas d’une première. « Excelsior » rappelle en effet que « Pierre Loti avait déjà sa rue à Constantinople. Inutile de dire que cet hommage datait d’avant la guerre… » Cette décision datait de février 1913, à l’initiative du Comité de la Défense nationale ottomane qui remerciait l’auteur pour ses prises de position turcophiles.

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Loti retraité ? Une fake news en 1918

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Tout semble parti d’un article du « Réveil » du 1er décembre 1918.

Il a pour titre « Pierre Loti passe dans le cadre de réserve » et se lit ainsi : « Par décret en date du 3 décembre, M. le capitaine de vaisseau Viau Louis-Gabriel (Pierre Loti), du port de Cherbourg, a été admis à faire valoir ses droits à la retraite à titre d’ancienneté de services et par application de la mesure sur la limite d’âge et a été nommé avec son grade dans la réserve de l’armée de mer. »

« L’Intransigeant » du 5 décembre résume l’info en deux lignes : « Pierre Loti, capitaine de vaisseau, a été admis à faire valoir ses droits à la retraite. »

Le 6 décembre, c’est l’emballement ! Le texte du « Réveil » est repris, parfois même étoffé, par de nombreux journaux.

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Dans leur édition du 7 décembre, « L’Intransigeant », « La Presse » et « Le Petit Journal » sont les premiers à rectifier l’erreur : « Non, ce n’est pas Pierre Loti qui a été admis à faire valoir ses droits à la retraite, comme certains journaux l’ont annoncé. C’est M. Louis-Gabriel Viaux (avec un X et non avec un D) qui est attaché au port de Cherbourg. Or, Julien Viaud — Pierre Loti — n’est pas à Cherbourg. Il est attaché à un état-major de l’armée de terre. »

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