Émile Combes, politicien et charmeur

Le chemin de fer d’Oléron
devient tribune politique

En 1904, Émile Combes n’est plus seulement le maire de Pons et le sénateur radical-socialiste bien connu en Charente-Inférieure ; il est devenu président du Conseil. Il n’en oublie pas pour autant son département d’adoption et prévoit d’assister en personne à l’inauguration du chemin de fer d’Oléron, le 24 avril 1904.

(...)

À Marennes, sur l’avenue de la République, des signaux contradictoires sont envoyés à Émile Combes : d’un côté, la devanture des bureaux du Conservateur porte une grande croix en papier bordée de noir ; de l’autre, une pancarte placardée sur les écoles proclame : « Les écoles laïques à M. Combes, hommages respectueux, persévérance. » Il y a quelques jours, les crucifix ont été décrochés des murs des tribunaux républicains et la Chambre a voté la loi relative à la suppression de l’enseignement congréganiste. En décembre 1905, ce sera la célèbre loi sur la séparation des Églises et de l’État.

(...)

À la gare des Chemins de fer économiques, Émile Combes monte dans un train décoré de drapeaux et de feuillages qui file jusqu’à Saint-Trojan. (...) Le conseiller général Eugène Poitevin engage les dames présentes « à aller embrasser le président, il aime beaucoup cela, cela lui fera plaisir » ; mais une femme coiffée d’une quichenotte s’écrie : « Embrasser cette horreur, jamais ! »

(...)

Quand Émile Combes prend la parole, il se fait lourdement charmeur : « Je remercie surtout les dames, ces femmes charmantes n’ont pas cessé, depuis mon arrivée dans l’île, de me prodiguer leurs plus aimables sourires ; cela montre que je ne leur déplais pas ; si j’étais plus jeune, j’aurais pu me laisser attendrir. Je les remercie vivement de leur gracieux accueil, et je regrette de ne pas pouvoir, autrement qu’en paroles, leur manifester ma satisfaction. » Parmi le public, un convive murmure : « Vieux paillard ! »

(...)

De retour au Château, sur l’embarcadère pour le continent, Émile Combes envoie plusieurs baisers aux dames placées sur le quai, ce qui provoque une certaine gêne dans l’entourage officiel. Mais les dames rient aux éclats et l’une d’elles s’écrie : « Est-il rigolo ce petit vieux ! »

(...)

Lisez le texte intégral de cette histoire dans le livre "Chroniques de Charente-Inférieure" par Thierry Collard

Le livre "Chroniques de Charente-Inférieure" rassemble faits divers, procès d'assises et récits du XVIIIe au XXe siècle.

Cliquez pour en savoir plus