Au desk, journaliste sans écrire

Sans écrire, mais pas sans rire !
[2000-2017] Un reporter, un rédacteur, c’est de toute évidence un journaliste. Certains l’ignorent, mais un photographe est également journaliste ; au même titre qu’un texte, ses images apportent une information au lecteur. Idem pour les journalistes reporters d'images (JRI) qui tournent des vidéos. 

Nettement moins connu, le secrétaire de rédaction (SR) a tout autant droit à sa carte de presse. Lui, au desk, ne produit ni textes ni images, mais des pages. Comme ses collègues, il donne du sens à la matière brute en triant, hiérarchisant, titrant, illustrant, enrichissant et corrigeant la copie de ses collègues de terrain. On lui doit souvent la réécriture de la titraille dictée par des contraintes d’encombrement, le positionnement d’un papier plutôt qu’un autre en tête de page, le choix d’une photo principale parmi toutes celles prises lors d’un reportage. Il doit aussi veiller à réparer les étourderies de ses collègues qui peuvent occasionnellement écorcher le français, le nom d’un interlocuteur ou la logique d’un récit. Il est le dernier rempart aux étourderies avant le lecteur.

Entre collègues d’une même agence, le dialogue est permanent entre le SR, les rédacteurs et les photographes, ce qui permet généralement d’expliquer les modifications apportées à la copie livrée. Vis-à-vis des journalistes absents le jour où l’on prend leur article ou des correspondants, le recours aux coups de fil ne peut pas être systématique, faute de temps, ce qui conduit régulièrement à quelques grincements de dents, voire coups de gueule, le lendemain matin, à la découverte du résultat dans le journal paru.

Échaudé par le terrain royannais subi durant deux ans et demi, je suis candidat au desk rochelais que j’intègre en janvier 2000. Six ans plus tard, à la faveur d’une réorganisation de la rédaction autour d’un nouveau système informatique, je suis retenu pour diriger le desk départemental. La charge de travail est lourde, les responsabilités aussi, mais toutes les nouvelles organisations sont à inventer et j’adore ça. L’outil informatique que je passe mon temps à explorer - lors de mon passage à Jonzac, j’avais créé le club informatique qui fonctionne encore aujourd’hui - est mon meilleur allié pour simplifier les tâches et mieux échanger entre collègues. Il n’y a guère que le volet management, pour lequel je ne suis décidément pas doué, qui me laisse un goût d’inachevé.

Dix-sept années plus tard, j’ai largement fait le tour du desk et l’envie me reprend de retourner sur le terrain. Ce sera à l’agence de Saintes, dont je conserve un excellent souvenir, pour boucler la boucle à l’approche de la retraite.

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