dimanche 8 mai 2011

L'olifan

Die Gartenlaube (1885) b 012Le Grand Charles nous menoyt sur icette voie au combat des Sarazins. D'aucuns en nostre caravane s'imaginoyent playsantes vacances en les montagnes pyrénéennes.

Robert le barde, qu'on disoit Bob, chantoit moult complaintes raillant Aragon et Castille, qu'il faisoit fort amusément rimer avec citron et vanille.

Johannes Claudius, qui lit la carte du monde dressée par Michelinus, prédisoit de promptes descentes de sur les montagnes enneygées, au moyen d'un arme qu'il tynt secreste mais que je savions fayte de deux plates planches liées à noz pieds.

Le chevalier Roland, dit Roro, resvoit de revenir artiste en son village de Roncesvales, pouryfaire en un cirque rire les enfants de son nez empourpré des meyeurs crus de l'empire, accompagné de ses écuyers Auguste et Eustache.

Las, notre saint empereur Carolus, tout Magnus qu'yl fust, s'y trouva fort laschement et traytreusement attaqué à rebrousse-croupion par des Sarazins point catholiques. Les nostres hommes furent lapidement de pierres assoméz.

Charles ne se mit point martel en tête et prit la poudre d'Espelette, faite de piments séchés et que l'on dysoit fort propice à la course, pour peu que nostre cavalerie put échapper au controsle antidopage.

Les crys de l'enfuite ne parvinrent toutefoys point à Roncesvales jusqu'aux oreilles d'Eustache, dont la trompe estoit bouchée, ce qui ne permit point au sieur Roland d'honorer la complainte du barde Bob, qui s'espoumonoit en un dernier souffle : « Il voulait jouer de l'olifan, fan fan fan fan »...

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