dimanche 20 février 2011

A nous les petites Angolaises

Angola (orthographic projection)
Lorsque nos débarquâmes de bon matin à l’aéroport de Luanda, les douaniers se montrèrent encore plus tatillons qu’on ne nous l’avait prédit. S’installer en Angola pour une mission humanitaire, qui plus est au nom d’une organisation non gouvernementale, n’est jamais perçu d’un très bon œil.

Avec une lenteur confinant à la provocation, les fonctionnaires de la douane appelaient individuellement chaque membre de notre groupe pour examiner scrupuleusement passeport, certificat de vaccinations, permis de séjour et les multiples paperasses nécessaires à notre entrée dans le pays. Le soleil descendait rapidement sur l’horizon lorsque le dernier d’entre nous fut appelé au guichet.

Je regardai nerveusement ma montre. A cette allure, nous allions manquer la parade militaire programmée le soir même, en notre honneur, devant notre ambassade. Je sentais venir l’incident diplomatique.

Lorsque notre dernier compagnon fut libéré par les douaniers, nous nous levâmes pour enfin quitter ce sinistre aéroport. Las, d’un geste vif, le fonctionnaire nous fit signe de patienter encore : «Maintenant, je dois appeler mon chef». Ma patience céda. Je commençai à protester vivement. Aussitôt, deux hommes en treillis surgirent, pointant ostensiblement leurs Kalachnikov dans ma direction.

Il me fallut bien me rasseoir et attendre la venue de l’officier. Celui-ci nous honora d’un salut militaire avant de nous déclarer : «Messieurs, vos papiers ne sont pas en règle. J’en suis désolé, mais nous ne sommes pas en mesure de vous accorder la nationalité angolaise.» Alors, j’ai dit : «On n’est pas là pour se faire Angolais, on est là pour voir le défilé !»

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